Le SOLEIL: Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Abdoulaye Baldé, dresse un bilan positif de la campagne agricole 2012-2013. Dans cet entretien, il parle d’une réduction du déficit céréalier. Pour la campagne 2013-2014, l’Etat va subventionner les semences, mais seulement celles qui seront certifiées. La subvention sur les intrants n’a pas baissé, rassure-t-il. « L’année passée, nous étions à 18 milliards de FCfa pour la subvention des intrants. Cette année, nous sommes à 13 milliards de FCfa. Le différentiel de cinq milliards de FCfa est inscrit pour acheter du matériel agricole qui accroît le rendement », explique le ministre.

 

Quel bilan dressez-vous de la campagne agricole 2012-2013 ?

«Nous sommes tout à fait à l’aise pour faire le bilan de cette campagne. Il faut rendre grâce à Dieu, nous avons obtenu une bonne pluviométrie répartie dans le temps et dans l’espace, ce qui nous a permis d’avoir une bonne production. Nous avons atteint 1,6 million de tonnes de céréales pour un besoin de l’ordre de 2 millions. Ce qui veut dire que nous avons réduit le déficit qui n’est plus important. C’est vrai qu’il y a des poches de déficit important dans le pays, mais nous avons l’appui de nos partenaires. Ces poches sont identifiées, les statistiques connues, les personnes et les habitants ciblés avec l’accompagnement de nos partenaires, notamment la Fao, pour rendre à ces populations leurs capacités productives en leur donnant des intrants, des semences et des vivres de soudure. Nous avons connu une hausse de la production arachidière de l’ordre de 25 %, nous sommes passés de plus de 500.000 tonnes à environ 692.000 tonnes. La même performance a été notée pour le coton, nous sommes passés de 25.000 tonnes à plus de 32.000 tonnes. Ce qui veut dire que globalement, le bilan est satisfaisant. Nous avons connu aussi des hausses de production horticole».

 

Mais le Sénégal est toujours confronté à la question du riz, malgré ses potentialités foncières et hydrauliques…

«C’est vrai, le niveau de production du riz avoisine les 600.000 tonnes, c’est un peu en-deçà de nos objectifs. Nous avons élaboré un programme national qui, à l’horizon 2018, nous permettra d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Il y a des mesures d’accompagnement pour cela. Le 14 mai dernier, nous avons signé un accord de don avec la Banque mondiale pour 11.000 hectares de réfection dans la vallée du fleuve Sénégal et dans l’Anambé afin d’accroître les superficies emblavées. Sans compter le riz pluvial qu’on occulte souvent, mais il est extrêmement important, notamment en Casamance et dans le Sine-Saloum. Les productions sont importantes grâce à une sélection de variétés à fort potentiel de rendement. Nous emblavons près de 2,8 millions d’hectares dont environ 800.000 hectares pour la seule arachide, et le reste pour les cultures céréalières. Peut-être que les rendements sont faibles, notamment pour les céréales, mais nous avons pris l’option d’améliorer les semences. Pour cette présente campagne, nous n’allons subventionner que les semences  certifiées dans l’optique d’accroître les rendements et aller vers l’autosuffisance alimentaire».

 

Et qu’en est-il de la distribution des intrants au cours de la campagne agricole dernière ?

«C’est un bilan satisfaisant. Nous avons eu un taux de mise en place des intrants de l’ordre de 95 %, que ce soit les semences ou les engrais. Nous n’avons pas pu atteindre certaines zones d’accès difficile à cause de la pluie. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas atteint les 100 %».

Les Chinois ont bouleversé le marché de la commercialisation de l’arachide. Quel a été l’impact de leur présence ? Combien les paysans ont-ils empoché ?

«Nous tirons un bilan globalement satisfaisant. Nous avons libéralisé, cette année, très tôt le commerce de l’arachide. Nous avons noté la présence de nouveaux acteurs qui a produit une tendance à la hausse du prix, les amenant à 270 ou  300 FCfa par endroits. Cela a fait le bonheur des paysans. Auparavant, nous avions mis en place une bonne stratégie de communication avec le « Tek teggi » pour que la campagne puisse se dérouler dans de très bonnes conditions. Nous avions indiqué aux huiliers que nous n’acceptons plus les bons impayés, ils ont pris toutes les dispositions pour acheter les graines. Globalement, dans le circuit officiel, ce sont 52 000 tonnes d’arachide qui ont été collectées. La valeur des achats est de l’ordre de 11 milliards de FCfa. Ceci, c’est dans le circuit officiel, entre huiliers et producteurs. Or, il y a eu de nouveaux acteurs qui ont acheté dans les maisons, les « louma » (marchés hebdomadaires) et qui n’ont pas été répertoriés. Les statistiques sur l’exportation à travers nos services de la Direction de la protection des végétaux (pour exporter un produit, il faut un certificat phytosanitaire) indiquent que 60 à 80.000 tonnes ont été exportées. Ces gens ont acheté le kilogramme en moyenne à 200 FCfa. Au moins 16 milliards de FCfa ont été distribués aux paysans, ce qui veut dire que, globalement, la campagne, du point de vue distribution des revenus, a été satisfaisante. C’est la même chose pour le coton, secteur où cinq milliards de FCfa ont été mobilisés après avoir payé les dettes des paysans».

 

Que comptez-vous faire pour relever le prix de l’arachide, puisque le produit a été vendu jusqu’à 250 FCfa au cours de la précédente campagne ?

«Nous allons engager, très tôt, des discussions avec le Comité national interprofessionnel de l’arachide (Cnia) pour voir comment régler les problèmes de la filière. Cette année, nous avons connu la présence de nouveaux acteurs (les Chinois, ndlr), ce qui a provoqué l’augmentation du prix. Demain, ces acteurs peuvent ne pas venir, nous ignorons dans quelles conditions ils ont travaillé, s’ils ont eu ou non des tracasseries lors de l’exportation. Mais, globalement, le secteur demande à être régulé. Il faut que tous les acteurs se retrouvent autour d’une table et essaient de discuter de l’avenir de la filière. Ce qui nous permettra de savoir les besoins des huiliers, d’apprécier le niveau de consommation interne, parce que l’arachide a connu beaucoup d’utilisation (arachide de bouche ou « thiaf », le mafé, l’huile « ségal », etc.). L’utilisation de l’arachide peut donc être diversifiée, il faut que nous parvenions à établir un niveau de production donné pour couvrir l’ensemble des besoins internes et probablement les besoins externes, mais aussi connaître les prix à l’avance, ce qui permettra aux producteurs de faire un arbitrage sur la spéculation à cultiver, comme c’est le cas des filières plus organisées (tomate et oignon). Cette année, nous avons eu un prix plancher, au-dessous duquel nul ne peut descendre».

 

Est-ce que ce prix plancher a été respecté sur tous les marchés ?

«Ce prix plancher n’a été respecté que les premiers jours. Ensuite, la demande était si forte que les prix ont grimpé, c’est la loi de l’offre et de la demande qui a agi».

 

Comment faire pour que les huiliers ne soient pas lésés dans la libéralisation de la filière arachidière ?

«Il faut que tout le monde se retrouve autour d’une table. Par exemple, les huiliers peuvent contractualiser avec les paysans, leur demander une quantité d’arachide à livrer à un prix indiqué d’avance. Nous devons tendre à des négociations entre paysans et huiliers sur des prix rémunérateurs, quitte à offrir des intrants aux producteurs. C’est une façon d’organiser la filière».

 

Certains paysans déploraient la manière dont s’est faite la distribution des intrants, déclarant que certains bénéficiaires n’avaient rien à voir avec l’agriculture. Que comptez-vous faire pour remédier à cette situation ?

«Cette question est importante et pertinente. Cette année, nous avons indiqué, dans les commissions de distribution, que l’ensemble des organisations paysannes soient représentées. La production sera le critère, mais, il faut tenir compte, dans les commissions, du fait que la subvention, en théorie, doit cibler les plus nécessiteux. Chaque carré a un quota qu’il ne peut pas dépasser. En théorie, celui qui ne produit pas d’arachide ne doit pas recevoir d’intrants. En réalité, nous vendons les intrants, l’Etat accompagne en apportant une subvention».

 

Le trafic d’intrants subventionnés vers les pays limitrophes a-t-il été important ?

«C’est vrai qu’il y a un problème de déperdition des intrants que nous retrouvons dans les pays limitrophes alors que l’Etat les a subventionnés. Nous avons engagé la police, la gendarmerie et la douane à veiller à ce que les produits subventionnés du Sénégal ne sortent pas du pays. L’année passée, nous avions constaté moins de déperdition. Cette fois, nous allons reconduire le même dispositif qui sera amélioré avec un meilleur système d’information».

 

Et qu’en est-il de la reconstitution du capital semencier ?

«Nous sommes en train d’y travailler. D’abord, il faut renforcer les ressources humaines, il y avait un problème de contrôle et de certification. Il faut réfectionner les stations de l’Isra (Institut sénégalais de recherche agricole) qui sont des points d’expérimentation, pour accroître la production de semences pré-base et base, ensuite les remettre aux multiplicateurs, c’est-à-dire les opérateurs privés. La direction de l’Agriculture va assurer le contrôle nécessaire. Cette année, nous avons une inscription budgétaire de cinq milliards de FCfa pour démarrer le programme de reconstitution du capital semencier. L’inscription budgétaire la plus élevée était autour de 500 millions de FCfa l’année passée, cette fois nous en sommes à cinq milliards de FCfa».

 

L’Etat incite les producteurs à se lancer dans la production de semences. Quels sont les résultats aujourd’hui ?

«Il faut préciser que la production de semences est une activité marchande, rentable. L’Etat va créer les conditions en garantissant une production pré-base et base pour en fournir aux opérateurs semenciers qui peuvent les multiplier et obtenir des semences de niveaux 1 et 2 qu’ils pourront vulgariser. Puisque c’est une activité privée rentable, c’est l’occasion pour les opérateurs privés de s’intéresser à cette activité afin de permettre à l’Etat d’avoir une sécurité sur le capital semencier. Souvent, la chaine de production est rompue, soit au niveau de la production de pré-base, qui est du domaine de l’Etat (c’est le noyau), soit à la multiplication, qui est du ressort du privé, l’Etat créant simplement les conditions. Un pays ne peut pas se permettre d’importer des semences, c’est comme importer des militaires pour sa souveraineté. Il faut assurer la sécurité à ce niveau».

 

Des voix s’étaient élevées contre la hausse des prix des semences, allant même jusqu’à dire qu’on les a laissés grimper…

«Le tollé, c’est l’arachide. Par exemple, les semences de maïs qui coûtent 2850 FCfa le kilogramme sont subventionnées par l’Etat à hauteur de 2000 FCfa, le producteur supporte 850 FCfa. Pour l’arachide, le kilogramme est d’environ 300 FCfa, l’Etat subventionne à hauteur de 100 FCfa et le producteur donne 200 FCfa. Nous avons inversé la tendance, cette année, le producteur, au lieu de 100 FCfa, donne 200 FCfa.  Les paysans ont vendu l’arachide, cette année au moins à 200 FCfa. L’Etat prend le différentiel, il ne subventionne pas et les paysans vont acheter au prix qu’ils ont vendu leur arachide qui ne vient pas de semences certifiées. L’Etat est prêt à subventionner davantage toute semence certifiée de qualité. Nous voulons juste appuyer les producteurs. L’Etat ne diminue pas le montant des subventions, il les réoriente plutôt vers les facteurs qui accroissent la production et le rendement, notamment l’engrais et le matériel agricole. L’année passée, nous étions à 18 milliards de FCfa pour la subvention des intrants, cette année, nous sommes à 13 milliards de FCfa. Nous avons inscrit le différentiel de cinq milliards pour acheter du matériel agricole qui accroît le rendement plus qu’une mauvaise semence. Nous reproduisons la même arachide depuis plus de 50 ans alors qu’elle n’a aucune valeur génétique. Il vaut mieux utiliser le reliquat du budget à l’achat de matériel agricole et d’engrais, ce qui a permis d’augmenter, cette année, les quantités d’engrais, nous sommes passés de 84.000 à 95.000 tonnes, soit plus de 11.000 tonnes supplémentaires».

Mais des paysans craignent que la baisse des subventions soit insupportable pour le monde rural ? Qu’en pensez-vous ?

«En réalité la subvention n’a pas baissé, elle a été tout simplement été réorientée comme je l’ai dit tantôt. Mais pour l’arachide, la subvention a baissé parce qu’il ne s’agit pas de semence. Soyons logique ; le producteur a vendu son arachide à 200 FCfa le kilogramme, on lui redonne la même arachide au même prix alors qu’il n’en a plus pour sa production. Si on lui donne un kilogramme, il peut en récolter dix. Les paysans, eux-mêmes, disent que c’est l’engrais et le matériel qui les intéressent davantage. Nous ne pouvons pas doter les paysans de matériel agricole si nous n’avons pas de ressources. Nous sommes conscients que passer de 200 à 100 Fcfa, c’est du simple au double, mais c’est pour la bonne cause».

Où en êtes-vous avec la coopération entre le Sénégal et le Brésil concernant le matériel agricole ?

«C’est en très bonne voie. Nous avons même effectué, récemment, un déplacement au Brésil. Ce programme concerne plusieurs pays, le Sénégal est en avance et, récemment, le Conseil des ministres du Brésil a validé la liste du Sénégal. Bientôt les entreprises brésiliennes exportatrices de ce matériel seront désignées. C’est le Brésil qui choisit les entreprises, son objectif est de favoriser les siennes à exporter du matériel agricole en Afrique, notamment au Sénégal. Le processus suit son cours, mais nous n’allons pas attendre ce programme, puisque nous avons inscrit cinq milliards de FCfa dans le budget pour équiper le monde rural. Nous allons acheter du matériel attelé pour les producteurs et un petit nombre de tracteurs. Pour le matériel agricole, la contrainte n’est pas la même en comparaison avec les intrants, parce que la semence doit être disponible en mai ou juin, sinon elle ne servira pas à grand-chose, alors que le matériel agricole peut durer 15 ans».

 

La distribution du matériel agricole a fait beaucoup de bruits dans le passé, certains dénonçant le fait que les petits paysans soient laissés en rade au profit de privilégiés. Quelles sont les dispositions prises pour assurer une bonne distribution ?

«C’est une question pertinente. Le problème de l’injustice choque les Sénégalais. Nous sommes en train de travailler à une bonne utilisation de ce matériel agricole. L’Etat va apporter, comme d’habitude, son concours en subventionnant une partie du matériel agricole, les producteurs vont assurer leur apport, le reliquat sera couvert par une banque. C’est ce schéma que nous voulons expérimenter. Ce matériel ne sera pas donné gratuitement, nous allons étudier la procédure du revolving, avec une partie soutenue par l’Etat et l’autre par le producteur. Ainsi, l’année prochaine, nous pourrons acquérir la moitié des mille tracteurs que nous mettrons dans le circuit, pour le même volume de financement initial».

 

Concernant le petit matériel agricole, quel sera l’apport d’une industrie comme la Sismar ?

«La Sismar a déjà soumissionné à l’appel d’offre du matériel agricole. Ce serait bien qu’elle arrive à gagner ce marché, ce qui pourrait relancer l’industrie locale. C’est un marché ouvert, les meilleures offres vont gagner».

 

L’agriculture sénégalaise est toujours dépendante de la pluviométrie. A votre avis, que faut-il faire pour la moderniser ?

«En début d’hivernage, nous avons tous le stress et nous prions pour une bonne pluviométrie. Ce n’est pas la solution la plus viable. Mais nous sommes en train de travailler à la maîtrise de l’eau pour inverser la tendance. L’Etat investit beaucoup dans l’aménagement des ouvrages hydro-agricoles, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal où 120.000 hectares sont emblavés et 50.000 autres dans l’Anambé. Nous comptons développer, à l’intérieur du pays, des aménagements sommaires dans les bas-fonds, pour la riziculture. Nous avons beaucoup de bassins de rétention d’eau pour pousser la production maraîchère qui joue un rôle important dans la sécurité alimentaire et dans l’amélioration des revenus des populations. Nous sommes tout à fait d’accord qu’il faut produire dans de bonnes conditions de maîtrise d’eau, soit avec les eaux de ruissellement à travers des bassins, soit forer pour exploiter l’eau souterraine ou utiliser nos cours d’eau. C’est ce qui garantit, à long terme, la production du pays. Dieu merci, nous avons un bon potentiel hydrographique qui est sous-exploité et que nous comptons exploiter davantage. C’est un axe prioritaire dans notre stratégie».

 

Le Sénégal a d’énormes potentialités horticoles, quelle sera votre touche pour améliorer la situation ?

«Il s’agit des deux axes mentionnés plus haut : la maîtrise de l’eau, la mécanisation et la stratégie commerciale. Les produits horticoles sont à haute valeur ajoutée, ils sont fortement rémunérés, surtout à l’extérieur. Après la production, il faut une bonne stratégie de commercialisation, d’abord en agissant sur le produit lui-même (sa qualité), ensuite le prix qui doit être abordable, la distribution tant sur les marchés internes qu’externes qui sont très exigeants. Il faut faire le marketing du produit. Tout cela combiné assure un bon accroissement des exportations des produits agricoles. Même la demande intérieure a augmenté».

 

Quelle est votre politique de conservation de produits très périssables comme l’oignon et la tomate qui pourrissent dans la vallée, parfois ?

«Cette année, l’oignon a connu quelques difficultés, mais ce n’est pas dans la production. Nous avons atteint des records, avec près de 200.000 tonnes produites. Nous avons eu un problème d’infrastructures de conservation de l’oignon, ce qui va nous pousser à rendre opérationnel très tôt l’agropole de Mpal. Il faut investir dans les infrastructures de stockage, de transformation et de conservation du produit. L’autre élément le plus important, c’est la stratégie commerciale. Nous devons étaler la production pour ne pas engorger le marché ; nous produisons et récoltons tous en même temps. Ainsi, il y a une surproduction sur le marché au lieu d’avoir une production étalée dans le temps. Nous devons améliorer aussi les rendements, nous en sommes à 20 tonnes à l’hectare, mais notre principal concurrent, la Hollande, en est à 60 tonnes à l’hectare. Nous importons de l’oignon hollandais qui est vendu à Dakar à 80 FCfa le kilogramme, alors que celui produit localement est à 150, voire 200 FCfa à Dakar. C’est un marché qui va être impitoyable pour nos producteurs. L’Etat est en train d’accompagner la production locale en gelant les importations. Le problème, c’est que les commerçants utilisent une stratégie pour contrecarrer la production de l’Etat en important plus avant le gel des importations et ainsi couvrir les besoins durant toute la période de fermeture des frontières. Il faut donner des quotas en fonction des objectifs de production de l’oignon locale».

Le financement de la campagne 2013-2014 est-il bouclé ?

«Il n’y a pas de grosses difficultés de financement. L’Etat a épongé les arriérés dus à la Cncas (Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal), notre principale banque qui soutient les opérateurs. Globalement, il n’y aura pas de problème de financement de la campagne. Nous pouvons prendre les dispositions très tôt pour ne pas créer des difficultés à la Cncas».

 

Est-ce que toutes les dispositions ont été prises pour le démarrage de la campagne agricole 2013-2014 ?

«Oui, toutes les dispositions sont prises et nous avons fait des notifications aux opérateurs, les circulaires pour installer les commissions locales de distribution ont été envoyées aux gouverneurs, aux préfets et aux sous-préfets. Certains opérateurs ont commencé les mises en place au niveau des commissions de cession des intrants. Nous sommes relativement en avance d’une dizaine de jours par rapport au départ de la campagne».

 

Y aura-t-il des changements dans l’organisation de la campagne agricole ?

«Le seul changement, c’est la transparence. Nous appelons à une transparence dans les commissions locales et invitons les autorités locales à nous aider à ce qu’il y ait plus de transparence et d’équité dans la distribution des intrants. Il doit y avoir de la transparence parce que toutes les organisations de producteurs, les élus, les députés, les autorités administratives, la société civile sont représentés dans les commissions. Si chacun joue son rôle, il y aura de la transparence».

 

Interview réalisée par Malick CISS, Mamadou SY (texte) et Pape SEYDI (photos)