L’agriculture n’était guère à l’honneur dans le discours de la directrice générale du FMI, hier à Abuja, devant les députés du Nigeria. Saluant la transition démocratique du pays l’année dernière, Christine Lagarde a souligné les « choix difficiles » auxquels étaient confrontées les autorités nationales face à un prix mondial du pétrole au plus bas, à des conditions financières sur le marché international qui se sont resserrées et à une croissance économique qui s’effrite (la croissance de l’Afrique sub-saharienne est passée de 5% en 2014 à 3,8% en 2015 « avec seulement un modeste redressement attendu en 2016 ») alors que le pays doit « faire face à un besoin urgent d’adresser un déficit massif d’infrastructures et des niveaux élevés de pauvreté et d’inégalité. » La patronne du FMI a également évoqué le terrorisme, en particulier Boko Haram, qui pèse sur les finances publiques car les dépenses en sécurité croissent.

Le Nigeria, dont l’économie a augmenté de 7% cette dernière décennie, ne devrait cette année guère faire mieux que les 3,2% de croissance enregistrée en 2015, soit une croissance quasi nulle étant donné le taux démographique.

Face à cela, Christine Lagarde estime qu’il faut mettre la priorité sur 3 facteurs : les infrastructures, les banques et la gouvernance. Et parmi les infrastructures, elle a souligné l’importance des routes notamment pour le secteur agricole.

« Par exemple, le Nigeria pourrait exporter de la sauce tomate -un produit de base de la cuisine nigériane– à grande échelle, alors qu’il importe environ la moitié de ses besoins. C’est pourquoi le Nigeria doit construire plus de routes et améliorer son réseau ferroviaire, pour que les agriculteurs puissent acheminer leurs récoltes vers les marchés. »

L’agriculture représentant 22% du PIB du Nigeria (35% avant son recalcule), on aurait pu s’attendre à des priorités agricoles plus ambitieuses alors que le Nigeria met, en effet, le cap sur la nécessaire diversification de son économie.

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