Après avoir longtemps importé la semence de pomme de terre, l’Algérie veut passer au stade de producteur pour satisfaire la demande nationale et réduire la facture d’importation qui a atteint 200 millions de dollars en 2014.

La filière lait est concernée aussi par cet effort en vue d’augmenter la production et minimiser la facture d’importation.

Pour atteindre ces deux objectifs, six protocoles d’intention pour la création de sociétés mixtes dans les domaines de la production laitière, de la pomme de terre et des cultures fourragères ont été signés hier à Alger entre des organismes publics du secteur agricole, des entreprises privées algériennes et des firmes américaines spécialisées dans les domaines concernés.

Ces documents ont été signés lors d’un forum algéro-américain sur le secteur agricole, tenu en présence du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelkader Kadi, et l’ambassadrice des Etats-Unis à Alger, Joan Polaschik, ainsi que le président du Conseil d’affaires algéro-américain (USABC), Ismael Chikhoune.

Ces partenariats ont été rendus possibles grâce aux échanges de visites de délégations de spécialistes, d’experts et de chefs d’entreprises des deux pays. Le nouveau ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelkader Kadi, a mis en avant l’intensification des visites au cours de l’année 2015 qui ont abouti à la concrétisation des intentions de coopération.

Des joint-ventures seront créées dans une seconde étape entre les entreprises des deux pays, signataires des protocoles. M. Kadi a noté l’intérêt des experts agricoles et patrons de firmes américains à la politique agricole de l’Algérie.

Selon lui, les Américains ont eu droit à toutes les explications et informations relatives aux dispositions prévues dans le secteur agricole, notamment dans le domaine des facilitations à l’investissement, le foncier, le climat des affaires d’une manière plus globale ainsi que sur les opportunités de partenariat qui s’offrent aux deux pays.

«Notre objectif est d’améliorer la sécurité alimentaire et d’atteindre le développement harmonieux des régions rurales», insistera le ministre, rappelant quelques réalisations du secteur agricole qui a réalisé une croissance de 13% en 2014 et contribué à hauteur de 9,8% au PIB.

Le secteur agricole couvre 72% des besoins de consommation nationale. Favorable au lancement de partenariats sous toutes ses formes, Kadi insistera, en revanche, sur une coopération mutuellement «avantageuse». Hormis le machinisme agricole, le partenariat peut être engagé dans les domaines de valorisation des produits et l’amélioration génétique.

De son côté, l’ambassadrice des Etats-Unis à Alger, Joan A. Polaschik, a vanté le savoir-faire américain dans le secteur agricole et a exprimé la volonté des entreprises de son pays à «accompagner l’Algérie dans son effort de développement du secteur agricole».

Pour l’ambassadrice, la coopération dans le domaine agricole est un «axe important» dans les relations algéro-américaines, considérant que la signature de ces protocoles d’accord permettra de «lier les entreprises américaines et algériennes et consolider leurs intérêts mutuels». Le président du Conseil d’affaires algéro-américain (USABC), Ismael Chikhoune, a considéré que les échanges de délégations entre les deux pays a incité le développement de partenariats dans plusieurs branches du secteur agricole comme la recherche agro-économique et l’élevage bovin.

Dans la filière pomme de terre, M. Chadi, président du directoire de la SGP Proda, a indiqué que la coopération avec les Américains contribuera à augmenter la productivité qui peut passer à 120 tonnes/hectare contre 40 tonnes/ha actuellement.

L’expérience américaine est intéressante en raison de l’intégration des projets de l’amont à l’aval et surtout du fait qu’elle soit en relation directe avec l’université et les instituts techniques, notera-t-il.

Parmi les trois entreprises privées signataires de protocoles, la GGI Filaha, qui bénéficiera d’une assistance et conseil de son partenaire américain.

Son président, Abdelmalek Sahraoui, a annoncé que son entreprise projette de produire la semence de pomme de terre. D’autres projets sont également envisagés comme l’irrigation, la transformation du lait, les cultures fourragères. Cette entreprise sera assistée aussi par les instituts techniques comme l’INPV et l’ITGC.

 

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