Le Cadre régional de concertation des ruraux (Crcr) de Ziguinchor non seulement adhère au projet de création des chambres d’agriculture, mais réclame la gestion. Abdoul Aziz Badji, le président dénonce le fait que des postes revenant aux agriculteurs soient souvent accaparés par d’autres acteurs.

Le Cadre national de concertation des ruraux (Cncr) lors de son atelier de concertation tenu les 09 et 10 décembre 2015 sur les enjeux majeurs du monde rural avait instruit ses responsables nationaux et régionaux à sensibiliser la base sur les questions relatives à la réforme foncière et à la mise en place des chambres d‘agriculture, afin qu’elle participe à la construction collective et à la défense de la position de la plateforme. C’est tout le sens de la journée de concertation organisé la semaine dernière et qui a regroupé les leaders paysans de la région de Ziguinchor. Les objectifs de cette journée régionale est d’informer la base sur les enjeux et l’état d’avancement du processus de réforme foncière, d’échanger avec la base sur les enjeux et le processus de mise en place des chambres d’agriculture, de mobiliser les animateurs fonciers et les cellules de veille sur la gouvernance foncière et de mettre en place des comités de suivi du processus de mise en place des chambres d’agriculture.
Se prononçant en marge de cette rencontre, sur ses mutations profondes qui secouent le monde paysan, le président du Cadre régional de concertation des ruraux (Crcr) de Ziguinchor, Abdoul Aziz Badji, a laissé entendre que pour la mise en place des Chambres d’agriculture, le Cncr adhère et recommande que dans les régions les agriculteurs travaillent et se mobilisent pour contrôler ces chambres d’agricultures. Car pour M. Badji, il arrive souvent que des postes revenant aux agriculteurs soient accaparés par d’autres acteurs. A preuve, le syndicat Japando était entre les mains de députés, sénateurs, enseignants. «Pour Ziguinchor, nous allons travailler pour contrôler ces chambres d’agriculture, seul gage pour permettre aux agriculteurs de prendre leur propre destin en mains», assure-t-il.
Quid de la réforme foncière ? Le patron des agriculteurs de la région de Ziguinchor a soutenu que par rapport à cette réforme, la synthèse des résultats issus des consultations est loin de les agréer ; et notamment le point relatif à l’immatriculation des terres au nom de l’Etat, qui va ensuite les rétrocéder aux collectivités de base afin que celles-ci puissent les rétrocéder à leur tour sous forme de bail aux usagers. Pour le président du Crcr de Ziguinchor, l’étape charnière a été brulée dans le cadre du processus de mise en branle de la réforme. «Il est prévu qu’on devait restituer les résultats intercommunaux et départementaux au niveau de la zone agro-écologique pour valider les propositions issues des ateliers locaux. Donc, on ne doit pas, comme le stipule la société civile, amener cette réforme à l’Assemblée nationale sans que cette étape qui donne la parole au Peuple pour qu’il se prononce sur ce processus, ne soit réalisée», estime Abdoul Aziz Badji.

lequotidien.sn